Formation “Usages Numériques et expérimentations”

Du 2 au 4 décembre 2015 a lieu a l’Espé de Grenoble une formation intitulée “Usages numériques et expérimentations”, que je co-dirige avec Sébastien Jolivet, et dans laquelle sont impliqués les collègues du Pôle Enseignement numérique de l’Espé (Didier Anselm, Christophe Charroud, Laurence Osete, & Patrick Soubrié). Elle permet au personnel de Canopé participant à la formation de réfléchir sur les questions du montage et suivi d’expérimentations impliquant le numérique dans différents contextes scolaires (premier et second degré).

L’agenda de la formation comprend à la fois des séances de cours sur différentes dimensions du numérique, mais aussi un temps de réflexion sur les projets présents ou futurs des participants. En voici un détail :

  • Une boîte à outils théoriques et méthodologiques pour les expérimentations (Ph. Dessus)
  • Les EIAH (Environnements informatiques d’apprentissage humain) : conception, usages et évaluation de leurs effets (S. Jolivet & Ph. Dessus)
  • L’intégration du numérique dans les classes et établissements : état des lieux (S. Jolivet & L. Osete)
  • Recherche bibliographique et valorisation (TP) (L. Osete)
  • Retours d’expériences sur les expérimentations d’usages des TICE dans les EPLE (D. Anselm)
  • Aspects juridiques et éthiques (C. Charroud)
  • La vidéo et ses usages dans les expérimentations et la formation (P. Soubrié)
  • Séance de présentation des projets (S. Jolivet & Ph. Dessus)
  • Buts des expérimentations et postures des acteurs (TP) (S. Jolivet & Ph. Dessus)

Une série de 3 conférences est également organisée le 4 décembre matin à l’Espé, elle fera l’objet d’un billet spécifique.

Conférences Usages numériques

Co-organisation, avec Sébastien Jolivet, d’une série de trois conférences sur les usages numériques et expérimentations, à l’Espé, Univ. Grenoble Alpes, ce jour, pour clore la formation “Usages numériques et expérimentations” évoqué dans le billet précédent.

La conférence de Jean-Philippe Pernin traite de la question de la conception collaborative de l’enseignement à partir d’artefacts tangibles sur papier (donc non numériques). La méthode qu’il présente est structurée à partir du modèle ISiS (de Valérie Emin, 2009), où l’on réfléchit à partir des intentions pédagogiques, puis les stratégies, et les situations d’interaction. Le jeu ScenLRPG a été expérimenté par environ 140 sujets en 2011. Un tel jeu rend créatif, permet la collaboration, est amusant et productif, mais ne donne pas de rétroactions. La méthode offre de nouvelles idées, mais le formalisme peut limiter la créativité. Comparé à une solution numérique, le jeu est plus amusant, flexible, mais ne comporte pas de fonctions d’édition, d’aide, de modification et sauvegarde, ni robuste et portable. L’outil informatique peut être considéré comme un frein à la créativité et à une collaboration productive. Un nouveau jeu, LudiScen, a été conçu à partir de ces constats (mi-2015). Il comprend 2 phases : une phase d’esquisse (créative) et une phase plus opérationnelle, détaillée. Le jeu est augmenté pour donner des informations supplémentaires. Le plateau de jeu comprend 3 zones : scénario didactique, scénario d’apprentissage, scénario d’encadrement (pour le tuteur). Le jeu incorpore certains objets augmentés : lecteur de QR code, douchette scanner de codes barre, etc., pour avoir des compléments d’information (p. ex., sur la taxonomie de Bloom, etc.). Ce jeu permet à un groupe de 3-4 enseignants de concevoir de manière créative, une séquence d’enseignement.

Elke Nissen présente ses travaux sur la classe inversée en langues, plus généralement sur les formations hybrides. La classe inversée est peu répandue dans l’enseignement des langues, et quelles différences y a-t-il entre enseignement hybride et classe inversée ? On part du constat que le temps consacré à l’enseignement des langues est insuffisant : comment peut-on exposer davantage les apprenants aux langues, mais aussi alléger les contraintes d’accès aux cours (p. ex. pour des étudiants suivant des cursus autres), et modifier la situation d’enseignement ? La FHL (formation hybride en langues) est définie : formation spécifique articulant présence et distance, pédagogique au moins en partie active, interactions avec l’enseignant possibles à la fois en présence et distance, selon différents scénarios de communication avec différents types d’interlocuteurs (pouvant avoir des rôles différents : correction, entraide). Elke Nissen revient ensuite à la définition de la classe inversée, répandue dans l’enseignement supérieur, mais aussi dans le primaire et secondaire. Qu’est-ce qui caractériserait la classe inversée ? – les apprenants alternent entre les modes et un planning déterminé ; – le distanciel n’est pas seulement des devoirs à la maison : le contenu peut être dispensé à distance ; – le distanciel est premier : on présente du contenu à distance, qui est retravaillé en présence (temps libéré, apprentissage différencié). Cela pose beaucoup de questionnements : qu’est-ce qui est inversé ? passe-t-on à une démarche déductive ? pourquoi y a-t-il souvent peu d’interactions à distance ? Se limiter au seul type d’enchaînement input à distance/interactions en présence ? Ne faut-il pas réfléchir plus largement en termes de formation hybride ?

Aristide Criquet présente la question du numérique dans le réseau des LéA : – comme objet d’étude, – comme outil support de l’action du réseau (collaboration, formation, communication (le numérique en éducation et formation), diffusion des ressouces produites). Il se focalise sur le premier point, en commençant par présenter ce qui est le réseau des LéA : vocation à produire collaborativement des ressources pour l’enseignement et la formation. Collaboration multicatégorielle entre praticiens et chercheurs : nécessitant un questionnement des acteurs, le soutien au pilotage de l’établissement, implication d’une équipe de recherche de l’IFE ou collaboration avec l’IFE (pendant une durée de 3 ans). La collaboration se fait dans un réseau travaillant en proximité. Intention de développement professionnel des acteurs (se lançant souvent dans des formations universitaires). Il présente ensuite le travail de 2 léAs, travaillant avec une méthodologie de recherche de type “Design-Based”, où le participant est co-concepteur, et où les hypothèses sont considérées de manière itérative. LéA du lycée Mme-de-Staël (Grenoble) où les jeux et interfaces tactiles sont testés, via le projet T@ctiléo, visant à produire des outils et ressources innovants pour l’enseignement mobilisant des interfaces tactiles (p. ex., BYOD – bring your own device – pour étudier des documents d’archive ; un reportage avec des élus de communes du Genevois). Le LéA MaCARhon, projet mallette de ressources mathématiques pour l’école Cycle 1 et 2 : matériel tangible en complémentarité avec le matériel numérique.

ReaderBench: Automated Evaluation of Collaboration

Just published in the Int J CSCL a paper entitled “ReaderBench: Automated evaluation of collaboration based on cohesion and dialogism”. This paper introduces to our recent experiments testing ReaderBench to assess its CSCL-based features.

As Computer-Supported Collaborative Learning (CSCL) gains a broader usage, the need for automated tools capable of supporting tutors in the time-consuming process of analyzing conversations becomes more pressing. Moreover, collaboration, which presumes the intertwining of ideas or points of view among participants, is a central element of dialogue performed in CSCL environments. Therefore, starting from dialogism and a cohesion-based model of discourse, we propose and validate two computational models for assessing collaboration. The first model is based on a cohesion graph and can be perceived as a longitudinal analysis of the ongoing conversation, thus accounting for collaboration from a social knowledge-building perspective. In the second approach, collaboration is regarded from a dialogical perspective as the intertwining or synergy of voices pertaining to different speakers, therefore enabling a transversal analysis of subsequent discussion slices.

[Article]

HDR : Du langage oral à la compréhension de l’écrit

J’ai participé, ce 19 novembre, au jury de soutenance d’habilitation à diriger des recherches de Maryse Bianco, qui s’est déroulée au LSE en présence du jury composé également de Pascal Bressoux (LSE, Univ. Grenoble Alpes), Pascale Colé (univ. Aix-Marseille) Dominique Lafontaine (univ. de Liège), Bruno Suchaut (URSP, Canton de Vaud, Suisse).
Intitulé “Du langage oral à la compréhension de l’écrit : modèles psychologiques et questions d’enseignement” et publié récemment sous forme de livre aux Presses universitaires de Grenoble, son manuscript dresse un très intéressant panorama des recherches sur la compréhension en lecture, étayé par la présentation de nombreuses recherches empiriques.

Le premier chapitre détaille la notion de compréhension de textes à partir des principaux champs de recherche qui ont traité cette question : psychologie et neurosciences principalement.
Le deuxième chapitre détaille les questions de l’acquisition du langage et de son influence sur l’apprentissage de la lecture, en citant quelques programmes d’entraînement précoce des habiletés langagières pouvant prévenir des problèmes d’apprentissage de la lecture.
Le troisième chapitre examine le rôle joué par les connaissances langagières (vocabulaire, syntaxe, notamment) ou thématiques sur la compréhension.
Le quatrième chapitre détaille les mécanismes liés à l’élaboration de la cohérence dans la compréhension.
Le dernier chapitre interroge les questions d’enseignement, et montre qu’un apprentissage explicite, structure et multimodal de la compréhension peut améliorer l’apprentissage des élèves les plus faibles.

Présentation de ReaderBench

Présentation ce jour, dans un séminaire de mon laboratoire, de ReaderBench, un outil d’analyse automatique de paramètres textuels liés à la compréhension, conçu en collaboration avec l’équipe de Stefan Trausan-Matu et Mihai Dascalu, univ. ‘Polytehnica’ de Bucarest, Roumanie.
Diapositives ici.
Plus d’informations en français : Article dans la Revue Adjectif.

Natural cognitive foundations of teacher knowledge

Just published Natural cognitive foundations of teacher knowledge, co-authored with Franck Tanguy and André Tricot, has just been published by a Sense Publishers book edited by Michel Grangeat.

The aim of this paper is to explore a cognitive way to define teachers’ professional knowledge (TPK), arguing that some ‘natural’ knowledge, stemming from several human social abilities – and, for many of them, animal – is thus engaged in teaching as well. The actions grounded on such knowledge are undertaken automatically or at a low cognitive load due to the nature of the latter.
Some theoretical views on teaching include such an assumption (Csibra, 2007; Csibra & Gergely, 2011; Strauss, 2005; Strauss & Ziv, 2012), but so far, little research has investigated teachers’ cognitive processes in relation to both natural cognition and Cognitive Load Theory (CLT) (see however Feldon, 2007; Moos & Pitton, 2013).
This paper seeks firstly to consider teachers’ actions through the lens of natural cognition and pedagogy, then to set up a framework for teacher cognition and knowledge, showing that several social abilities and knowledge can be used for teaching purposes, and with a low cognitive load. Then, we describe the abilities for teaching as primary vs. secondary knowledge. Eventually, we use this framework to assess or predict which cognitive load is in relation with teachers’ performances according to the CLASS, a renowned classroom observation system.
[link to the whole book]