Atelier MOOT à la Conférence EPAL

Jeudi 7 juin dernier, dans un atelier du colloque EPAL 2018 à Grenoble, j’ai présenté, avec Émilie Besse, la manière dont nous avons déployé, à l’Espé de Grenoble, les MOOT (Massive Open Online Textbooks), en présence d’une dizaine de collègues, qui ont pu ensuite s’essayer à ébaucher en RestructuredText et Sphinx un contenu pédagogique de leur choix, pendant environ 1 h. Ce travail est réalisé dans le cadre du projet ReFlexPro. L’intérêt, malgré la difficulté des systèmes, a été manifeste.
[Matériel pédagogique]

Thèse de P. Gallotta : Les effets des classes à cours simple et multiple

Je participerai demain vendredi 22 décembre au jury de la thèse de Paola Gallotta, intitulée : Les effets des classes à cours simple et multiple sur les acquisitions des élèves : le cas de la Vallée d’Aoste, avec les autres membres de jury suivants :

Cette étude vise à étudier les effets des classes à cours simple et multiples sur les acquisitions (en français et mathématiques) des élèves et leur motivation, sur deux années scolaires, avec une transition école primaire-collège. Les résultats montrent qu’à l’école primaire, les cours multiples obtiennent de meilleurs résultats, alors qu’au collège cet effet n’est plus conservé. La structure de la classe n’a pas d’effet sur la motivation des élèves. Il y a des effets différents de la motivation sur les résultats scolaires, selon les différentes formes de régulation.

Thèse de F. Lespiau : “Logique sans peine ?”

Lundi 4 décembre prochain je participerai, à l’université de Toulouse-Jean-Jaurès, au jury de la thèse de psychologie cognitive de Florence Lespiau, dont le titre est “Comment nous sommes plus performants et motivés pour raisonner logiquement à propos des connaissances primaires.”
Le jury est composé des autres membres suivants :

Lire le résumé de la thèse ci-dessous en cliquant sur le lien. Et la présentation via le laboratoire.

Voici le résumé de la thèse :
L’apprentissage donne souvent l’impression d’être un processus long et difficile, notamment quand il fait penser à l’école et à la difficulté que tout le monde a déjà ressentie pour maintenir sa motivation pour telle ou telle matière.
Pourtant, il y a des choses que l’on apprend sans enseignement. Par exemple, apprendre à parler sa langue maternelle se fait naturellement sans effort conscient. Les connaissances primaires et secondaires sont une façon de distinguer ce qui est facile ou difficile à apprendre. Les connaissances primaires sont celles pour lesquelles nos mécanismes cognitifs auraient évolué, permettant une acquisition sans effort, intuitive et rapide alors que les connaissances secondaires sont apparues récemment : ce sont celles pour lesquelles nous n’aurions pas eu le temps d’évoluer et dont l’acquisition serait longue et coûteuse. Les écoles se focalisent essentiellement sur ce deuxième type de connaissances. Leur défi est de permettre ces apprentissages longs et coûteux, et, pour cela, de maintenir la motivation des apprenants. Une piste de recherche s’appuie sur le fait que les connaissances secondaires sont construites sur la base des connaissances primaires. En effet, personne n’est capable d’enseigner « initialement » une langue maternelle alors que l’apprentissage des langues étrangères s’appuie sur cette première langue.
Le présent travail explore le caractère motivant et peu coûteux des connaissances primaires pour faciliter l’apprentissage de la logique en tant que connaissance secondaire. En modifiant la présentation de problèmes logiques avec des habillages liés aux connaissances primaires (e.g., nourriture et caractéristiques d’animaux) ou secondaires (e.g., règles de grammaire, mathématiques), huit premières expériences ont permis de mettre en avant les effets positifs des connaissances primaires que le contenu soit familier ou non. Les résultats montrent que les connaissances primaires favorisent la performance, l’investissement émotionnel, la confiance dans les réponses et diminuent la charge cognitive perçue.
Quant aux connaissances secondaires, elles semblent miner la motivation des participants et générer une sensation de conflit parasite. De plus, présenter des problèmes avec un habillage de connaissances primaires en premier permettrait de réduire les effets délétères des connaissances secondaires présentées ensuite et aurait un impact positif global. Trois autres expériences ont alors mis ces résultats à l’épreuve de tâches d’apprentissage afin de proposer une approche qui favorise l’engagement des apprenants et leur apprentissage. Ces découvertes tendent à montrer que les recherches sur l’apprentissage bénéficieraient à prendre en considération les connaissances primaires plutôt que de les négliger car elles sont « déjà apprises ».

“Regarde-les tous” : Analyse de la supervision visuelle d’enseignants en classe

Le 15 février dernier j’ai mené un cours par visioconférence pour le Master IME (Ingénierie des médias pour l’éducation) de l’univ. de Poitiers.
J’y ai présenté notre recherche (réalisée avec Olivier Cosnefroy & Vanda Luengo) sur l’analyse de la supervision visuelle d’enseignants d’école élémentaire. [Diapositives]

Orphée Rendez-Vous 2017

Grands défis sur l’évaluation formative

J’ai passé 3 jours à Font-Romeu dans le cadre des ORPHEE Rendez-Vous du lundi 30 janvier au mercredi 2 février.
L’objectif de l’atelier auquel j’ai assisté, animé par Franck Silvestre (IRIT, Univ. Paul-Sabatier, Toulouse), avait pour thème l’évaluation formative en classe ou en amphithéâtre

J’y ai présenté un travail réalisé dans le cadre du projet IDEFI-ANR ReflexPro (en coll. avec Gabriel Gutu, Mihai Dascalu, Jean Baptiste Diouf & Stefan Trausan-Matu), visant à concevoir des manuels ouverts, online, et promouvant l’apprentissage autorégulé, intégrant un cours classique et divers outils de présentation et d’évaluation du contenu (carte de concepts, évaluation de résumés de cours et de stratégies de compréhension). Lien vers l’article de positionnement
L’atelier a surtout été l’occasion de formuler un “grands défi” sur le thème de l’évaluation formative. Mais aussi d’écouter et discuter avec des grands témoins tels que Fridolin Wild, Ralph Klamma, Catherine Maillet et Lone Dirckinck. Les présentations des “grands témoins” :

Conférences expérimentations et usages numériques

Du 7 au 9 décembre 2016 s’est tenue à l’Espé de Grenoble la 3e édition du stage “Expérimentations et usages numériques”, à destination des médiateurs du numérique des ateliers Canopé, co-organisée avec Sébastien Jolivet. Descriptif plus complet de la formation disponible dans un ancien billet : Formation “Usages Numériques et expérimentations”.

Cette édition a été l’occasion d’inviter les trois conférenciers suivants :
Isabelle Girault, LIG-MeTAH, Univ. Grenoble Alpes qui a présenté trois environnements informatiques utilisés lors de démarches expérimentales au lycée et à l’université (Copex-chimie, LabBook et TitrAB), elle a illustré l’apport de la recherche dans la conception de ces environnements par des enseignants-chercheurs du laboratoire LIG (équipe MeTAH), en collaboration avec des enseignants de terrain.
Catherine Bonnat, LIG-MeTAH, Univ. Grenoble Alpes, a présenté les différentes étapes de l’expérimentation c’est-à-dire, de la conception à la réalisation. Cette expérimentation a été réalisée dans 5 classes de terminales de spécialité SVT afin de tester l’efficacité de la prise en charge par une plate forme informatique, LabBook, de difficultés identifiées a priori pour la conception d’un protocole expérimental sur la mise en évidence de la fermentation alcoolique. Elle a présenté les apports de la recherche dans la modélisation de la situation, puis a développé le plan expérimental initialement prévu qui prend en compte les contraintes liées à l’expérimentation en classe.

Thierry Soubrié, a questionné l’idée que la forme scolaire serait incompatible avec le numérique, à partir de l’analyse d’un corpus d’échanges recueilli dans une formation professionnalisante à distance de niveau master. Les étudiants, enseignants novices ou en activité, devaient se prononcer dans un forum de discussion sur l’incompatibilité supposée entre culture scolaire et numérique. Il a montré, après avoir proposé une définition de la forme scolaire, que dans la majeure partie des cas il n’existe pas pour les personnes en formation de contre-indication à l’intégration du numérique, tout du moins lorsque ce dernier vient renforcer la forme scolaire. Dans le cas contraire, les contradictions qui apparaissent sont parfois l’occasion de formuler des propositions qui visent, de manière plus ou moins marquée, à dépasser la forme scolaire.

Les apprentissages professionnels des enseignants

J’ai participé à Toulouse, hier, mardi 29 novembre, au jury de la thèse de Fatiha Tali, dont le titre est “Les apprentissages professionnels des enseignants, Le cas d’une formation hybride d’enseignants du second degré se spécialisant pour scolariser des élèves en situation de handicap”. Thèse de sciences de l’éducation réalisée au Laboratoire EFTS (Education, Formation, Travail, Savoirs).

Le but de sa thèse a été d’évaluer l’impact, sur une année scolaire, d’un dispositif de formation professionnelle continue des enseignants du second degré, hybride, sur la scolarisation d’élèves en situation de handicap à partir de leurs traces écrites dans un carnet de bord, leur sentiment d’auto-efficacité et leurs pratiques, avec une approche mixte, qualitative et quantitative. Une comparaison de trois groupe était faite : un groupe de 5 enseignants suivant la formation hybride, un groupe suivant la même formation en présence, et un groupe sans formation. Un modèle socio-cognitif de formation hybride, fondé sur celui d’Huberman, est proposé.
Le jury, outre moi-même, était composé de :

Thèse : L’évaluation dans les enseignements scientifiques fondés sur l’investigation

J’ai participé hier, jeudi 16 juin, au jury de thèse de doctorat de Céline Lepareur, LSE, qui a étudié les modalités et stratégies d’évaluation formative des enseignants, et la manière dont elles peuvent influer sur les processus d’autorégulation des élèves, dans des séances d’enseignement scientifique fondées sur l’investigation (dorénavant ESFI) en collèges et lycées (mathématiques, sciences de la vie et de la terre, sciences physiques et chimiques).
Elle a vidéoscopé et analysé sept séances d’enseignement (de la 6e à la seconde), et a déterminé les co-occurrences des stratégies d’évaluation formative et de régulation des enseignants avec différents types de processus d’autorégulation (cognitifs et affectifs), en utilisant le logiciel Transana. Elle a enregistré et analysé des séances de cours “standard”, puis des séances, menées par les mêmes enseignants, après un séminaire de travail collectif visant à ajouter une dimension d’évaluation formative.
Elle montre notamment, au bout d’une analyse très fine du décours de séances d’enseignement que l’insertion de modalités d’évaluation formative dans des EFSI permet de placer les élèves dans des processus d’autorégulation, des stratégies de résolution plus fréquents, ainsi qu’une mobilisation de ressources plus diversifiée.
Le jury, outre moi-même, était composé de : Jean-Marie Boilevin, Univ. de Bretagne Occidentale, Laurent Cosnefroy, ENS Lyon, Michel Grangeat, LSE, Univ. Grenoble Alpes (directeur), Patricia Marzin-Janvier, Univ. Grenoble Alpes, Lucie Mottier Lopez, Univ. de Genève.

Comment la motivation des élèves évolue-t-elle en CP ?

L’objectif général de cette recherche, réalisée en collaboration avec Olivier Cosnefroy et Cécile Nurra, est de mieux comprendre l’évolution de la motivation des élèves en début de scolarité obligatoire (cours préparatoire) tout en interrogeant les facteurs sur lesquels il est possible d’intervenir afin d’influencer le niveau de motivation et son évolution au cours de l’année, comme la qualité de la relation élèves-enseignant. En début, en milieu et en fin d’année de cours préparatoire, 270 élèves de 45 classes ont été interrogés. Des observations collectées individuellement auprès des élèves, ainsi que quatre cycles d’observation des pratiques enseignantes sur une échelle standardisée, ont permis de mettre en relation ces pratiques avec l’évolution de leur motivation pour la lecture durant une année.

Les résultats montrent que les élèves présentent majoritairement une motivation pour la lecture stable et élevée tout au long de l’année, mais que cette tendance moyenne masque des évolutions spécifiques plus variables, notamment décroissantes. Il apparaît que la qualité du soutien à l’apprentissage fourni aux élèves par l’enseignant augmente la probabilité des élèves d’appartenir au groupe motivationnel stable et élevé.
[Article en PDF] [Recension par le Café pédagogique]

Un classement des revues en accès ouvert sur les technologies éducatives

Un article récent de Perkins et al. (2016) met en évidence l’augmentation récente de revues de type “open access” (en accès libre et gratuit, ou ouvert). Cette augmentation se constate dans tous les domaines, et notamment dans celui des technologies éducatives : les auteurs estiment que, sur environ 270 revues de ce domaine, environ le tiers est en accès ouvert.

Les auteurs de l’article ont réalisé un sondage auprès de deux groupes de personnes : – les auteurs d’un article provenant d’une liste de 26 revues en accès ouvert (échantillon, plus de 2 200, 360 d’entre eux ont répondu au questionnaire), – des professionnels dans le champ des technologies éducatives, dont les courriels ont été récupérés via listes de diffusion ou média sociaux (taille de l’échantillon inconnue, près de 200 réponses).
L’une des questions était : citez les 5 revues les plus influentes du champ. Les revues suivantes, classées par pourcentage de votes décroissant, sont mentionnées. Nous n’avons gardé que les revues avant des valeurs supérieures à 5 % :

  1. EDUCAUSE Quarterly (EDUCAUSE)
  2. Australasian Journal of Educational Technology (AJET)
  3. International Review of Research in Open and Distributed Learning (IRRODL)
  4. Educational Technology & Society (ETS)
  5. First Monday

Les auteurs utilisent les autres questions pour calculer une valeur agrégée pour chaque revue, en fonction des critères suivants : prestige, interaction avec les revues (lecture, citation), vitesse de traitement des revues, taux de rejet, rigueur du processus de relecture des articles. Cela donne le classement suivant (par ordre décroissant) :

  1. THE Journal: Transforming Education through Technology (THE Journal)
  2. Turkish Online Journal of Distance Education (TOJDE)
  3. Journal of Online Learning and Teaching (JOLT)
  4. Contemporary Issues in Technology and Teacher Education (CITE Journal)
  5. Turkish Online Journal of Educational Technology (TOJET)
  6. Electronic Journal of e-Learning (EJEL)
  7. Journal of Distance Education (JDE)
  8. Asian Journal on Education and Learning (AJEL)
  9. European Journal of Open and Distance Learning (EURODL)
  10. International Journal of Educational Research and Technology (IJERT)
  11. International Review of Research in Open and Distr. Learning (IRRODL)
  12. Journal of Technology Education (JTE)
  13. Computers and Composition Online (CCO)
  14. Canadian Journal of Learning and Technology (CJLT)
  15. EDUCAUSE Quarterly / Review (EDUCAUSE)
  16. International Journal of Designs for Learning (IJDL)
  17. First Monday
  18. Journal of Computer-Mediated Communication (JCMC)
  19. Educational Technology & Society (ETS)
  20. Journal of Asynchronous Learning Networks (JALN)
  21. eLearning Papers (eL Papers)
  22. Online Journal of Distance Learning Administration (OJDLA)
  23. Australasian Journal of Educational Technology (AJET)
  24. Kairos
  25. Research in Learning Technology (ALT-J)

À une époque où il est souvent difficile de déterminer si une revue en accès ouvert est “prédatrice” ou bien intentionnée (voir le blog de J. Beall à https://scholarlyoa.com, qui réalise un travail salutaire en proposant une liste de revues prédatrices), une telle enquête va permettre au monde académique intéressé par les technologies éducatives de mieux cibler les revues dans lesquelles il diffuse ses résultats de recherche.
Perkins, R. A., & Lowenthal, P. R. (2016). Open access journals in educational technology: Results of a survey of experienced users. Australasian Journal of Educational Technology, 32(3), 18–37. http://dx.doi.org/10.14742/ajet.2578
Note : ce billet est initialement paru dans les nouvelles du site ORPHEE à http://www.orphee-edu.fr/news/un-classement-des-revues-sur-les-technologies-éducatives-en-accès-ouvert