“Regarde-les tous” : Analyse de la supervision visuelle d’enseignants en classe

Le 15 février dernier j’ai mené un cours par visioconférence pour le Master IME (Ingénierie des médias pour l’éducation) de l’univ. de Poitiers.
J’y ai présenté notre recherche (réalisée avec Olivier Cosnefroy & Vanda Luengo) sur l’analyse de la supervision visuelle d’enseignants d’école élémentaire. [Diapositives]

Conférences expérimentations et usages numériques

Du 7 au 9 décembre 2016 s’est tenue à l’Espé de Grenoble la 3e édition du stage “Expérimentations et usages numériques”, à destination des médiateurs du numérique des ateliers Canopé, co-organisée avec Sébastien Jolivet. Descriptif plus complet de la formation disponible dans un ancien billet : Formation “Usages Numériques et expérimentations”.

Cette édition a été l’occasion d’inviter les trois conférenciers suivants :
Isabelle Girault, LIG-MeTAH, Univ. Grenoble Alpes qui a présenté trois environnements informatiques utilisés lors de démarches expérimentales au lycée et à l’université (Copex-chimie, LabBook et TitrAB), elle a illustré l’apport de la recherche dans la conception de ces environnements par des enseignants-chercheurs du laboratoire LIG (équipe MeTAH), en collaboration avec des enseignants de terrain.
Catherine Bonnat, LIG-MeTAH, Univ. Grenoble Alpes, a présenté les différentes étapes de l’expérimentation c’est-à-dire, de la conception à la réalisation. Cette expérimentation a été réalisée dans 5 classes de terminales de spécialité SVT afin de tester l’efficacité de la prise en charge par une plate forme informatique, LabBook, de difficultés identifiées a priori pour la conception d’un protocole expérimental sur la mise en évidence de la fermentation alcoolique. Elle a présenté les apports de la recherche dans la modélisation de la situation, puis a développé le plan expérimental initialement prévu qui prend en compte les contraintes liées à l’expérimentation en classe.

Thierry Soubrié, a questionné l’idée que la forme scolaire serait incompatible avec le numérique, à partir de l’analyse d’un corpus d’échanges recueilli dans une formation professionnalisante à distance de niveau master. Les étudiants, enseignants novices ou en activité, devaient se prononcer dans un forum de discussion sur l’incompatibilité supposée entre culture scolaire et numérique. Il a montré, après avoir proposé une définition de la forme scolaire, que dans la majeure partie des cas il n’existe pas pour les personnes en formation de contre-indication à l’intégration du numérique, tout du moins lorsque ce dernier vient renforcer la forme scolaire. Dans le cas contraire, les contradictions qui apparaissent sont parfois l’occasion de formuler des propositions qui visent, de manière plus ou moins marquée, à dépasser la forme scolaire.

Séminaire Chercheurs 2.0 ou les académiques anonymes

J’ai présenté ce jour, le 5 avril 2016, à un séminaire de mon laboratoire un ensemble de ressources permettant à tout chercheur d’utiliser les outils informatisés les plus appropriés aux différentes étapes de sa recherche. Certains principes de productivité académique sont ensuite détaillés et commentés, comme base de possibles futures réunions où les “académiques anonymes” détaillent leurs problèmes académiques comme le font les autres groupes plus célèbres avec le même qualifiant.

Il est possible d’accéder aux documents suivants.

Conférences Usages numériques

Co-organisation, avec Sébastien Jolivet, d’une série de trois conférences sur les usages numériques et expérimentations, à l’Espé, Univ. Grenoble Alpes, ce jour, pour clore la formation “Usages numériques et expérimentations” évoqué dans le billet précédent.

La conférence de Jean-Philippe Pernin traite de la question de la conception collaborative de l’enseignement à partir d’artefacts tangibles sur papier (donc non numériques). La méthode qu’il présente est structurée à partir du modèle ISiS (de Valérie Emin, 2009), où l’on réfléchit à partir des intentions pédagogiques, puis les stratégies, et les situations d’interaction. Le jeu ScenLRPG a été expérimenté par environ 140 sujets en 2011. Un tel jeu rend créatif, permet la collaboration, est amusant et productif, mais ne donne pas de rétroactions. La méthode offre de nouvelles idées, mais le formalisme peut limiter la créativité. Comparé à une solution numérique, le jeu est plus amusant, flexible, mais ne comporte pas de fonctions d’édition, d’aide, de modification et sauvegarde, ni robuste et portable. L’outil informatique peut être considéré comme un frein à la créativité et à une collaboration productive. Un nouveau jeu, LudiScen, a été conçu à partir de ces constats (mi-2015). Il comprend 2 phases : une phase d’esquisse (créative) et une phase plus opérationnelle, détaillée. Le jeu est augmenté pour donner des informations supplémentaires. Le plateau de jeu comprend 3 zones : scénario didactique, scénario d’apprentissage, scénario d’encadrement (pour le tuteur). Le jeu incorpore certains objets augmentés : lecteur de QR code, douchette scanner de codes barre, etc., pour avoir des compléments d’information (p. ex., sur la taxonomie de Bloom, etc.). Ce jeu permet à un groupe de 3-4 enseignants de concevoir de manière créative, une séquence d’enseignement.

Elke Nissen présente ses travaux sur la classe inversée en langues, plus généralement sur les formations hybrides. La classe inversée est peu répandue dans l’enseignement des langues, et quelles différences y a-t-il entre enseignement hybride et classe inversée ? On part du constat que le temps consacré à l’enseignement des langues est insuffisant : comment peut-on exposer davantage les apprenants aux langues, mais aussi alléger les contraintes d’accès aux cours (p. ex. pour des étudiants suivant des cursus autres), et modifier la situation d’enseignement ? La FHL (formation hybride en langues) est définie : formation spécifique articulant présence et distance, pédagogique au moins en partie active, interactions avec l’enseignant possibles à la fois en présence et distance, selon différents scénarios de communication avec différents types d’interlocuteurs (pouvant avoir des rôles différents : correction, entraide). Elke Nissen revient ensuite à la définition de la classe inversée, répandue dans l’enseignement supérieur, mais aussi dans le primaire et secondaire. Qu’est-ce qui caractériserait la classe inversée ? – les apprenants alternent entre les modes et un planning déterminé ; – le distanciel n’est pas seulement des devoirs à la maison : le contenu peut être dispensé à distance ; – le distanciel est premier : on présente du contenu à distance, qui est retravaillé en présence (temps libéré, apprentissage différencié). Cela pose beaucoup de questionnements : qu’est-ce qui est inversé ? passe-t-on à une démarche déductive ? pourquoi y a-t-il souvent peu d’interactions à distance ? Se limiter au seul type d’enchaînement input à distance/interactions en présence ? Ne faut-il pas réfléchir plus largement en termes de formation hybride ?

Aristide Criquet présente la question du numérique dans le réseau des LéA : – comme objet d’étude, – comme outil support de l’action du réseau (collaboration, formation, communication (le numérique en éducation et formation), diffusion des ressouces produites). Il se focalise sur le premier point, en commençant par présenter ce qui est le réseau des LéA : vocation à produire collaborativement des ressources pour l’enseignement et la formation. Collaboration multicatégorielle entre praticiens et chercheurs : nécessitant un questionnement des acteurs, le soutien au pilotage de l’établissement, implication d’une équipe de recherche de l’IFE ou collaboration avec l’IFE (pendant une durée de 3 ans). La collaboration se fait dans un réseau travaillant en proximité. Intention de développement professionnel des acteurs (se lançant souvent dans des formations universitaires). Il présente ensuite le travail de 2 léAs, travaillant avec une méthodologie de recherche de type “Design-Based”, où le participant est co-concepteur, et où les hypothèses sont considérées de manière itérative. LéA du lycée Mme-de-Staël (Grenoble) où les jeux et interfaces tactiles sont testés, via le projet T@ctiléo, visant à produire des outils et ressources innovants pour l’enseignement mobilisant des interfaces tactiles (p. ex., BYOD – bring your own device – pour étudier des documents d’archive ; un reportage avec des élus de communes du Genevois). Le LéA MaCARhon, projet mallette de ressources mathématiques pour l’école Cycle 1 et 2 : matériel tangible en complémentarité avec le matériel numérique.

Présentation de ReaderBench

Présentation ce jour, dans un séminaire de mon laboratoire, de ReaderBench, un outil d’analyse automatique de paramètres textuels liés à la compréhension, conçu en collaboration avec l’équipe de Stefan Trausan-Matu et Mihai Dascalu, univ. ‘Polytehnica’ de Bucarest, Roumanie.
Diapositives ici.
Plus d’informations en français : Article dans la Revue Adjectif.